Cette année, j'aurai vécu plein de choses. C'est un peu tôt pour faire un bilan annuel, mais j'me sens de le faire tout de suite. Comme une envie de revivre toutes ces bonnes choses, et même mauvaises, tellement je me sens vide ce soir. Mes yeux sont comme des filtres, j'absorbe beaucoup, par mes oreilles, yeux, bouche, nez, peau, esprit, et je trie à l'intérieur de moi. Les choses inutiles sont filtrées et relachées dans le monde extérieur à l'état liquide. De ces résidus de café je tire de l'or. Mon or, la terre de mon Monde, au même niveau que mon sang. Au son de Paris Texas, je vais tenter d'expliquer pourquoi en ce vendredi 7 novembre, je me dois de concentrer cette année 2008 en un vulgaire article de la toile. Mais n'oublions pas que ceci est un écran, non le livre qui se trouverait dans mon cerveau, que personne ne peut atteindre. Et que ma vie n'est pas un concentré de débauche qui n'attend qu'à être déversé, étalé sur une table, à la portée de tous les quidams passant par là. Ici, c'est juste moi qui parle, avec modération vers la gauche et excès vers le reste. Cette année, je me suis instaurée des règles. Fais ce que tu veux, ou ne fais rien. Dis tout s'il le faut, ou ne dis rien. C'est certes ridicule à envisager, mais plus on y pense, plus on se dit qu'on en a loupé, des moments où tout aurait pu être déballé. Soit, cette année, j'ai changé. Aux yeux de quelques personnes en particulier, dans le mauvais sens. Moi, je dis juste que j'ai changé. Que ça plaise ou non, je m'en fiche. J'ai changé grâce à plusieurs personnages, de sexe féminin plus précisément. La première, c'est vraiment une belle histoire. Encore ce soir je m'en suis rendue compte, en expliquant à une femme dont je ne connais que le nom, qu'elle fait vraiment partie de mon histoire. Perdue pendant 5-6 ans? Pour mieux se retrouver! Quasiment toutes nos photos petites se déroulent pendant son anniversaire fêtant son 4e année. Dans 5 jours, j'en veux une mais pour sa 16e. Sans elle je me serais perdue dans des détails insignifiants, et j'aurais passé du temps à réfléchir à des choses qui n'en veuillent pas la peine. Une autre, qui me prouve que même si c'est pas comme l'année dernière, que même si on est pas autant collées, ça ne change rien, j'entends quand même son rire et un certain mauvais fond qui va avec. Et que même si nous trois c'est mort, faut bien se l'avouer, on est quand même là à commérer, se disputer, s'envoyer des piques, et, oui ça existe quand même, se soutenir. De manières différentes, mais un soutien en est un, même déguisé. La troisième dans tout ça -dans tous les sens du terme- , c'est une personne étrange aux manies étranges, et avec qui on s'envoit des messages étranges pour témoigner de notre amour étrange. Deux ans de voisinnage plus ou moins lointain, mais toujours sa voix, toujours là pour se faire entendre et me faire réagir. Même si j'ai cru que j'allais la tuer à un moment, on a... non en fait je veux toujours la tuer. Mais pour mon simple plaisir! Une grande jeune fille maintenant, qui malheureusement ne partage plus le même sol que nous, et qui s'en est allée trop tôt à mon goût dans ce pays destiné à tous les calédoniens avides de diplômes pour revenir en tant qu'avenir sur leur terre natale -c'est beau mais ça sonne tellement faux. Un souvenir de celle-ci, et tout un mois de bonheur me revient instantanément. D'un certain lit à Poé à la scène de l'auditorium en passant par la baie des citrons (la coincidence fait que j'ai entendu le nom en même temps que je l'écrivais), des souvenirs ne l'impliquant parfois qu'implicitement, mais quels souvenirs! Et puis nos conversations, qui témoignent de notre intelligence universellement reconnue, et ses conseils. En parlant de conseil, la dernière, concluant le tableau peint à l'arraché. Mais quelle conclusion! Pendant 9 mois, le foetus se forme et finit par sortir et devenir un monstre bien concret. Joyeuse semaine, B! Semaine malheureusement ponctuée par quelques kilomètres en voiture et un grain de sable, qui aurait pu, rester collé pendant trois jours et demi si une certaine altération ne m'avait pas décroché un regard moqueur... Le grain de sable qui veut tout dire! Mais une année ne peut passer sans ombre ni orage. Or cette année en a été particulièrement garnie, en commençant par un vulgaire étalement Béligonien sur le planisphère, comme si on avait tenté d'étudier quatre fourmis en les plaçant dans des compartiments distincts, sauf pour deux d'entre elles, alors qu'elles avaient toujours vécu ensemble. Ben ça donne qu'il fait jamais beau. Ni au phare amédée, ni à poum, ni dans le circuit électronique de ma moto. Et que c'est peut-être ça qui m'énerve le plus. Vois comme ça me hante. L'azur l'azur l'azur l'azur? J'ai voulu passer un cap où j'arrêtais de penser à ce qu'il faut faire pour plaire aux autres. Je pense avoir réussi, des gens l'assureront peut-être, ou estimeront encore, comme obstinés par leur propre conscience -ou inconscience- que non, j'ai simplement mal changé. Enfin bon, aujourd'hui, cette femme m'a tout reposé sur un plateau, avec ce sourire qui donne envie de casser tout ce qui te tombe sous la main, tant il te balance à la figure à la fois son innocence et son arrogance (ensemble dans l'esprit le plus diabolique comme dirait l'autre). Sans même me parler de ma vie, sans même avoir cherché à creuser, sans même avoir pensé à me faire dire des choses sur moi, cette femme a, en 24 heures, épluché grossièrement mon année. De son hôtesse de l'air à sa façon de m'appeler Nick en passant par ses voyages. Ah, parlons-en des voyages... J'ai jamais autant voulu quitter cette saleté de territoire pour poser le pied dans un endroit complètement différent, loin de tout, mais jamais loin de nous. C'est vraiment ailleurs qu'on est le mieux hein? C'est triste et dur. Je suis censée être dans les starting blocks, mais c'est bête, Obama a déjà gagné, et on s'en fout du bac de français hein? Et bien non, pas moi, alors merde ces deux épreuves je vais les arracher comme j'ai envie d'arracher un trésor à son île, un soleil à son ciel, l'armure de la messe bien trop garnie... Pareillement à leur équivalent musical, même s'il faut bosser pour ça... Je ne me relierai pas. Des sous-entendus, il y en a peut-être dans les coins les plus incongrus, mais je ne suis pas sure que des gens auront la force de lire tout ça, alors bon. Attendez, il manque une conclusion. Après avoir dépucelé ce document non achevé qu'a été mon année 2008, nous concluons que nous sommes face à un bilan sentimental annuel positif. Maintenant, nous pouvons nous demander quelle a été ma vie sociale avant mes années de lycée. Et ah oui, j'ai jamais autant crié VDM pour la même cause. Après l'annonce de son quota, en voici un autre: VIE DE MERDE.